khruangbin trio Texan composé de Laura Lee (basse), Mark Spencer (guitare) et Donald Johnson (batterie) nous gratifie d’un nouvel album intitulé « Mordechai ».

Khruangbin s’est d’abord fait connaître par sa relecture du funk thaïlandais des années 60, genre que le groupe a découvert en surfant sur les Internets. Le trio est d’ailleurs clairement issu de la génération YouTube, celle qui a désormais accès à des musiques du monde entier par un simple clic de souris. Le funk psychédélique de Khruangbin combine d’ailleurs de nombreuses influences, du dub jamaïcain au rock congolais, en passant par la musique traditionnelle indienne. On pourrait taxer le trio d’appropriation culturelle, mais il semble assez évident que leur démarche est le fruit d’une recherche approfondie, faite dans le respect des autres traditions.

Plus tôt cette année, Khruangbin s’est associé à Leon Bridges afin de lancer le EP Texas Sun. Il est difficile de dire à quel point ce projet parallèle a influencé la création de Mordechai, mais toujours est-il que ce troisième album du trio est celui qui se veut le plus « pop », avec moins d’ambiances oniriques de style western spaghetti et une plus grande emphase sur les mélodies. Ça donne des morceaux réussis comme So We Won’t Forget, peut-être le titre le plus radiophonique de toute la discographie du trio, ou Dearest Alfred. Dans les deux cas, la voix suave et posée d’Ochoa s’agence bien aux grooves lancinants et contrôlés de la section instrumentale. Les textes, sans être transcendants, abordent des thèmes assez peu convenus dans un contexte de chanson pop, comme l’amnésie ou les lettres laissées par un grand-père disparu.

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